Concevoir un programme de leadership : du diagnostic au transfert

On confond souvent « faire du leadership » avec « faire de la formation ». Le résultat ressemble à un beau catalogue, puis à un flou difficile à défendre devant un COMEX. Un programme de leadership utile n'a pas besoin d'être spectaculaire. Il doit être précis, entraînable et prouvable, sinon il devient une dépense polie. Et oui, je sais : c'est moins sexy qu'un séminaire en offsite.

Un programme de leadership en entreprise : clarifier le besoin avant de choisir un format

Le paradoxe des « parcours managers » : larges, séduisants, difficiles à prouver

Les parcours « managers » ont un avantage : ils rassurent, parce qu'ils couvrent large. Leur défaut est le même : quand tout est au menu, rien n'est réellement développé, donc rien n'est mesuré. Gartner indique que 70 % des DRH jugent les programmes de leadership inadaptés (2025). Ce n'est pas une crise de vocation RH, c'est un problème de design.

La dérive typique : des thèmes génériques (« posture », « communication », « vision ») sans modèle comportemental explicite. On parle alors plus de préférences que de compétences. Et on termine par une évaluation « à chaud » qui mesure une expérience, pas une transformation.

Ce que j'appelle un programme utile : comportements observables, transférables, mesurables

Un dispositif utile décrit d'abord des comportements en situation. Par exemple : « conduire une décision impopulaire sans rigidifier l'équipe », « ouvrir une divergence sans humilier », « tenir un cap tout en intégrant des signaux faibles ». Ensuite seulement, on choisit un format.

Pour rendre cette exigence opérationnelle, je reviens souvent à trois questions simples :

  • Observabilité : qu'est-ce qu'on doit voir au poste, chez le manager, dans 8 à 12 semaines ?
  • Transfert : dans quelles réunions, rituels, arbitrages, ce comportement doit-il s'exécuter ?
  • Mesure : quels indicateurs ex-ante/ex-post permettent de constater un changement sans storytelling ?

Ce qu'un programme doit réellement développer : une méta-compétence de changement

Compétences, schémas cognitifs, automatismes : ce qu'on entraîne (et ce qu'on ne change pas)

Un programme sérieux ne « change pas les personnalités ». Il entraîne des réponses face à l'incertitude : attention, interprétation, décision, interaction. Le behaviorisme contemporain rappelle une évidence utile : une compétence n'est ni une intention ni une posture, c'est un schéma d'action observable, ajustable, reproductible.

Le livre blanc d'UNREST reprend une distinction intéressante : le changement relève d'une compétence transversale (competency), pas d'une compétence ponctuelle (skill), car elle combine connaissances, comportements, capacités et attitudes (Bateman, FranklinCovey, 2023). Dit autrement : on n'enseigne pas le changement, on entraîne l'aptitude à traverser le changement.

Agilité et résilience : deux leviers distincts, un risque commun d'épuisement

Agilité et résilience sont souvent mélangées, puis vendues comme un trait (« il est agile »). Or Braun et al. (2017) distinguent clairement les effets : l'agilité prédit la performance, la résilience réduit le stress. Et quand la résilience est élevée, l'agilité s'exerce sans créer de stress supplémentaire.

Le raccourci coûte cher : l'agilité sans résilience expose à l'épuisement ; la résilience sans agilité mène à l'inertie. Un programme de leadership orienté changement doit donc travailler les deux, mais pas avec les mêmes exercices, ni les mêmes métriques.

Leadership adaptatif en période de transformation : décider sous incertitude et absorber les arbitrages stratégiques

Dans les transformations, le leadership se voit moins dans les discours que dans les arbitrages. Arbitrer sous incertitude, c'est accepter des décisions « réversibles » et des décisions « irréversibles », sans tout traiter comme une crise. C'est aussi gérer la tension entre vitesse, qualité et acceptabilité sociale.

Un bon entraînement part de cas réels : un portefeuille d'initiatives qui explose, une dépendance IT non négociée, une BU qui conteste le modèle cible. On travaille alors des micro-compétences : cadrer le problème, expliciter l'hypothèse, choisir un critère d'arbitrage, annoncer une décision sans fabriquer du ressentiment.

Influence au comité de direction : sens politique et influence sans cynisme, gouvernance sans rigidité

La politique interne existe, même quand on refuse d'en parler. La question n'est pas « faut-il faire de la politique ? », mais « avec quels garde-fous ? ». Une compétence d'influence utile combine lecture des intérêts, négociation de compromis, et maintien d'une ligne éthique.

La gouvernance sert ici de contenant : qui décide quoi, à quel moment, avec quel droit de veto, et quelles règles d'escalade. Sans ce cadre, l'influence devient une lutte de couloir. Avec un cadre trop rigide, elle devient une bureaucratie qui ralentit tout.

Architecture d'un programme de développement du leadership : du diagnostic à la stabilisation

Diagnostic initial : évaluation psychométrique des compétences et lecture des contraintes organisationnelles

Un programme solide commence par un diagnostic, pas par un planning. L'évaluation psychométrique aide à modéliser une compétence (ex. agilité, résilience, leadership adaptatif) et à objectiver une progression. Sur des programmes phares cités par UNREST, les échelles d'agilité (α = 0,80) et de résilience (α = 0,85) illustrent l'enjeu de fiabilité.

Deuxième volet souvent oublié : la lecture du système. Charge, conflits de rôle, injonctions paradoxales peuvent neutraliser les apprentissages. Développer l'individu sans toucher au contexte revient à accélérer avec le frein à main.

Conception du parcours : objectifs comportementaux, théorie du changement et scénarios d'entraînement

Concevoir un parcours, ce n'est pas empiler des contenus. C'est formuler une théorie du changement : si tel biais se manifeste dans telle situation, alors on entraîne tel comportement, observé dans tel rituel de travail. On peut ensuite scénariser des entraînements : réunions de priorisation, 1:1 difficiles, arbitrages d'investissement, désaccords entre pairs.

Une manière simple d'éviter le flou consiste à documenter chaque compétence avec trois éléments :

  1. une définition comportementale (ce qu'on doit voir) ;
  2. des déclencheurs (quand ça déraille, et pourquoi) ;
  3. des situations d'exécution (où l'on s'entraîne, au travail).

Conception d'un parcours blended : articuler séquences collectives, coaching et mises en pratique terrain

Le blended marche quand il respecte une logique d'entraînement. Le collectif sert à aligner le langage, pratiquer, se confronter. Le coaching sert à traiter les angles morts et à adapter les plans d'action à la réalité politique et émotionnelle.

Exemple d'architecture fréquemment soutenable sur 3 à 4 mois (durée cohérente avec les résultats rapportés par Braun et al., 2017) :

  • 1 séquence collective de cadrage (diagnostic, objectifs, scénarios) ;
  • 2 à 4 sessions de coaching individuel ou d'équipe ;
  • des mises en pratique terrain entre chaque séquence (sur des réunions réelles) ;
  • une mesure ex-post et une séance de consolidation.

Transfert des acquis : entraînement comportemental, routines d'exécution, feedback, supervision et pair learning

Le transfert ne se décrète pas, il se conçoit. Le L&D classique souffre d'un problème connu : beaucoup d'idées, peu d'exécution. UNREST cite un écart parlant : 70 % d'application des concepts après 3 à 4 mois d'entraînement, contre moins de 20 % de transfert dans des dispositifs L&D plus classiques (Braun et al., 2017).

Concrètement, on renforce le transfert avec des mécanismes simples :

  • routines d'exécution (checklist avant une réunion critique, rituel de débrief) ;
  • feedback structuré (pairs, N+1, sponsor) ;
  • supervision (cas réels, analyse des décisions, pas des intentions) ;
  • pair learning (binômes, engagements publics, retours rapides).

Déploiement multi-niveaux : dirigeant, équipe, organisation (préventif vs curatif)

Le même programme ne se déploie pas pareil selon le niveau. Au niveau dirigeant, on travaille souvent l'arbitrage, l'influence, la clarté des décisions. Au niveau équipe, on vise la sécurité psychologique, la coopération, la gestion des désaccords. Au niveau organisation, on touche les règles du jeu : gouvernance, priorités, charge, interfaces.

Le préventif vise l'anticipation. Le curatif vise la récupération quand la fatigue s'installe. Bernerth et al. (2011) documentent cette « change debt » : fatigue émotionnelle, cynisme, baisse d'efficacité perçue quand les transformations s'enchaînent sans capacité correspondante.

Mesure d'impact et pilotage de la valeur : sortir de l'évaluation « à chaud »

Indicateurs d'impact comportemental : ex-ante / ex-post, suivi longitudinal et seuils de progrès

Mesurer « l'impact » demande de choisir ce qu'on accepte comme preuve. La satisfaction n'est pas inutile, mais elle ne suffit pas. L'utile, c'est une logique ex-ante/ex-post sur des comportements et des mécanismes cognitifs reliés au travail.

Pour cadrer, une table simple aide à éviter les débats sans fin :

Objet mesuré Ex-ante Ex-post / longitudinal Décision possible
Compétence (psychométrie) Score de départ, dispersion, profils de risque Progression, maintien à 8–12 semaines Ajuster l'entraînement, segmenter les populations
Comportements au poste Observation / auto-tracking / feedback structuré Répétition en situation, qualité d'exécution Renforcer routines, coaching ciblé
Contraintes organisationnelles Charge, conflits de rôle, règles de gouvernance Réduction des frictions, clarté des décisions Lever les obstacles structurels

Mesurer le ROI et la crédibilité : relier effets humains, performance et risques (burnout, rétention, efficacité)

Le ROI crédible relie trois familles d'effets : humains, opérationnels, risques. DDI (Global Leadership Forecast, 2025) indique que les leaders qui développent régulièrement leurs compétences psychosociales ont 10× plus de chances d'exceller, 1,9× moins de burnout et 1,5× plus de rétention. Ces chiffres ne remplacent pas votre mesure interne, mais ils aident à cadrer les hypothèses.

Une approche défendable consiste à documenter :

  • un coût complet (temps, animation, outils, indisponibilité) ;
  • des indicateurs de performance reliés à la transformation (délai de décision, rework, qualité d'arbitrage) ;
  • des indicateurs de risques (turnover, signaux de fatigue, charge) ;
  • un lien explicite entre compétence entraînée et bénéfices attendus.

Pilotage des bénéfices : réalisation de la valeur, arbitrages et décisions en cours de route

Piloter la valeur ressemble à du program management : on suit les bénéfices, pas seulement le planning. Si un apprentissage ne se traduit pas en décisions différentes, il restera une parenthèse. Le pilotage des bénéfices impose des arbitrages en cours de route : renforcer un module, changer un rituel cible, ou traiter un obstacle organisationnel.

Une règle pratique : chaque bénéfice annoncé doit avoir un « propriétaire » (sponsor, RH, direction métier) et un moment de revue (COPIL). Sans propriétaire, le bénéfice devient un slogan, puis une ligne PowerPoint.

Critères de validité scientifique : preuves scientifiques du développement, instruments, fiabilité, limites et transparence méthodologique

La science n'est pas un argument d'autorité, c'est un protocole. Pour juger un dispositif, je regarde d'abord les instruments : construits mesurés, validation, fiabilité, conditions d'usage. Une fiabilité annoncée (ex. α de Cronbach) ne dit pas tout, mais elle force une discipline.

Deux repères utiles, sans surcharger : Sarkar & Fletcher (2015) rapportent des effets forts de la double boucle cognitive et comportementale sur le bien-être (d = 0,78) et très forts sur la performance (d = 1,0+). Et toute démarche sérieuse explicite aussi ses limites : biais possibles, validité contextuelle, qualité des données, effets de sélection.

Gouvernance d'un programme : tenir la trajectoire dans un environnement politique

Gouvernance et instances de décision : sponsor, COPIL, règles d'escalade et contrats de rôles

Un programme échoue rarement par manque d'expertise pédagogique. Il échoue par absence de décisions claires. La gouvernance fixe le cadre : un sponsor qui arbitre, un COPIL qui tranche, des règles d'escalade quand une direction bloque.

Pour éviter les angles morts, formalisez un contrat de rôles :

  • Sponsor : décide, protège le temps, exige des preuves.
  • RH / L&D : pilote le dispositif, sécurise la mesure, orchestre les parties prenantes.
  • Managers participants : s'engagent sur des mises en pratique observables.
  • Directions métiers : ouvrent l'accès aux situations terrain et aux métriques.

Fusions-acquisitions : gouvernance de fusion-acquisition, intégration culturelle et zones de friction

En fusion-acquisition, les frictions ne viennent pas seulement de la culture « valeurs ». Elles viennent des interfaces : qui décide, qui priorise, qui porte le risque. Un programme de leadership utile ici entraîne des comportements d'intégration : clarification des règles, réduction des ambiguïtés, gestion des loyautés multiples.

La gouvernance doit être explicite sur les zones grises : doublons de rôles, arbitrages entre business units, et seuils d'escalade. Sans cela, on demande aux managers d'être « alignés » sur un système qui ne l'est pas.

Quand la vision stratégique et l'alignement sur la stratégie d'entreprise bougent : re-prioriser sans casser la dynamique d'apprentissage

La stratégie change, parfois au milieu du programme. Le danger n'est pas le changement, c'est le déni : faire comme si rien n'avait bougé. Pour tenir le cap, on re-priorise les situations d'entraînement, pas la compétence cible.

Concrètement, on peut garder l'objectif (ex. leadership adaptatif) et changer les cas : nouveau périmètre, nouvelle contrainte budgétaire, nouvelles dépendances. Le message implicite devient cohérent : « on s'entraîne à rester efficace quand le terrain change ».

Leadership de programme, gestion de programme, management de projet : ne pas mélanger les rôles

Program management 101 : cadre, management skills, responsabilités et compétences en programme management

Le program management gère un ensemble coordonné de projets pour produire des bénéfices. Il ne se limite pas à livrer des jalons : il pilote la valeur, les dépendances, les arbitrages. Les management skills utiles ici relèvent autant de la décision que de la coordination : priorisation, gestion des risques, gouvernance, communication.

Quelques compétences clés en gestion de programme reviennent partout :

  • pilotage des dépendances (équipes, fournisseurs, systèmes) ;
  • gestion du portefeuille (arrêter, accélérer, séquencer) ;
  • régulation des conflits entre parties prenantes ;
  • traduction de la stratégie en décisions de mise en œuvre.

Rôle du directeur de programme et responsabilités du program manager

Le directeur de programme porte la trajectoire globale : il arbitre, sécurise les ressources, rend la valeur visible. Le program manager orchestre le quotidien : synchronisation, suivi des risques, préparation des décisions, cohérence des livrables. Les deux rôles se recoupent parfois, mais ils ne se confondent pas.

Dans les organisations matures, on clarifie aussi ce que ces rôles ne font pas : ils ne remplacent pas les sponsors métier, et ils ne « gèrent » pas la politique à la place du COMEX. Ils rendent les choix visibles et rendent les compromis assumables.

Framework de program management : gouvernance, bénéfices, risques et dépendances

Un framework de gestion de programme robuste tient sur quatre blocs : gouvernance, bénéfices, risques, dépendances. Chaque bloc a ses rituels : COPIL, revues de bénéfices, revues de risques, et revues d'intégration entre chantiers. L'objectif n'est pas la conformité, c'est la capacité à décider vite sans casser la qualité.

On peut le formaliser en matrice simple :

Bloc Question Rituel Livrable
Gouvernance Qui décide quoi, et quand ? COPIL / comités d'arbitrage Décisions, règles d'escalade
Bénéfices Quelle valeur, pour qui, quand ? Revue de bénéfices Tableau de réalisation de la valeur
Risques Qu'est-ce qui peut casser la trajectoire ? Revue de risques Registre, plans de mitigation
Dépendances Qu'est-ce qui bloque quoi ? Revue d'intégration Carte des dépendances

Différences : différence management de projet et différence entre management de projet, leadership de programme vs gestion de programme

Le management de projet vise la livraison d'un périmètre dans un triangle coût-délai-qualité. La gestion de programme vise la coordination de plusieurs projets pour produire des bénéfices et gérer les interdépendances. Le leadership de programme, lui, concerne la capacité à mobiliser, arbitrer et tenir une trajectoire dans un environnement incertain et politique.

En pratique : un projet peut réussir et un programme échouer, si les bénéfices ne se matérialisent pas. Et un programme peut nécessiter un leadership fort même quand les outils de pilotage sont impeccables. Ce n'est pas un jugement moral, c'est une différence d'objet.

Choisir un programme adapté : critères concrets côté DRH, L&D et directions générales

Cartographier les besoins : population cible, irritants business, compétences management et maturité managériale

Le choix commence par la population et ses situations réelles. Un comité de direction n'a pas les mêmes besoins qu'un réseau de managers intermédiaires. Les irritants business sont un bon point d'entrée : décisions lentes, conflits inter-BU, transformations qui patinent, turnover de talents, fatigue des équipes.

Pour structurer la demande, un mini-cadrage suffit souvent :

  • population cible (COMEX, managers de managers, talents clés) ;
  • situations critiques (arbitrages, intégration, crises, dépendances) ;
  • compétences à entraîner (pas plus de 1 à 2 à la fois) ;
  • maturité managériale et contraintes de contexte.

Comparer les formats : certificats, coaching, programmes intensifs, sessions d'été

Les formats existent pour servir un besoin, pas pour cocher une case. Le marché français propose des repères utiles. Une « session d'été » de leadership peut être utile pour déclencher une dynamique. Elle l'est moins si l'organisation attend une transformation observable au poste. Dans ce cas, la conception doit intégrer des mises en pratique terrain et une mesure ex-post, sinon l'effet s'évapore.

Éviter trois erreurs de sélection : thème trop large, absence de preuve, ingénierie de parcours et ancrage terrain

Trois erreurs reviennent, et elles sont évitables. D'abord, choisir un thème trop large (« leadership ») au lieu d'une compétence entraînable (ex. influence, arbitrage, coopération). Ensuite, accepter une promesse sans dispositif de mesure ex-ante/ex-post. Enfin, sous-investir l'ingénierie d'ancrage terrain.

Un test rapide côté acheteur : si le prestataire ne peut pas décrire les participants s'entraînent dans leur semaine de travail, il vend surtout du contenu. Et si le ROI est résumé à « ils étaient ravis », ce n'est pas un ROI.

Un mot sur l'approche UNREST : programmes Change Skills® et protocole d'intervention

7 parcours ciblés : résilience-agilité, leadership adaptatif, leadership interculturel, intelligence collective, sécurité psychologique, syndrome de l'imposteur, intelligence politique

UNREST se place à contre-courant des formations généralistes : l'idée est de déployer des programmes ciblés, chacun centré sur une compétence comportementale précise, entraînée sur des situations de travail et mesurée dans le temps. Les sept parcours Change Skills® sont associés aux compétences nécessaires en contexte de changement et d'incertitude, à l'échelle individuelle aussi bien que collective. Pour situer cette approche dans l'écosystème leadership, les articles sur le développement du leadership, les styles de leadership ou encore le leadership stratégique permettent de préciser les usages selon les contextes.

Outils mobilisables : diagnostics psychométriques, coaching cognitivo-comportemental, ingénierie pédagogique, jumeau numérique cognitif et comportemental

Les leviers combinables incluent des diagnostics psychométriques, du coaching cognitivo-comportemental, une ingénierie pédagogique orientée exécution et, si nécessaire, un jumeau numérique cognitif et comportemental pour soutenir le suivi longitudinal. Cette logique s'applique aussi à des sujets connexes comme la posture de leader, le leadership transformationnel, le leadership responsable, ou le leadership authentique, quand ils sont traduits en comportements observables.

FAQ

C'est quoi un programme de leadership ?

C'est un dispositif structuré qui vise à développer des compétences de leadership en lien avec le travail réel. Un bon programme décrit des comportements attendus, prévoit des situations d'entraînement et mesure une progression ex-ante/ex-post. Il ne se limite pas à une formation ponctuelle.

Qu'est-ce que le programme de leadership et à quoi sert-il ?

Il sert à renforcer la capacité des managers et dirigeants à décider, mobiliser, coopérer et transformer, en cohérence avec les enjeux business. Son utilité se juge à l'exécution au poste : décisions plus claires, meilleure coopération, réduction de frictions et de risques humains.

Quels sont les programmes de leadership ?

On trouve des programmes courts (1 à 5 jours), des certificats (souvent 5 à 16 jours étalés), des executive masters (sur 1 à 2 ans), ainsi que des dispositifs en entreprise combinant collectif, coaching et terrain. Exemple de repère marché : l'offre « Leadership » d'HEC Executive Education présente 26 programmes et plusieurs formats (présentiel, hybride, en ligne).

Quelles compétences clés développer dans un programme de leadership moderne ?

Les compétences varient selon le contexte, mais reviennent souvent : leadership adaptatif (arbitrer sous incertitude), influence et sens politique, coopération et intelligence collective, agilité et résilience, sécurité psychologique. L'enjeu est de les traduire en comportements observables dans des situations de travail.

Quels objectifs stratégiques un programme de leadership doit-il adresser ?

Il doit adresser des objectifs concrets : accélération de la prise de décision, amélioration de la coordination inter-équipes, réussite d'une transformation, réduction des risques de fatigue et de turnover, montée en maturité managériale. Un objectif utile se rattache à des indicateurs suivis en gouvernance.

Comment relier un programme de leadership aux enjeux business et de transformation ?

En partant des irritants business (retards, rework, conflits d'interface, arbitrages non tenus) puis en identifiant la compétence comportementale qui conditionne ces irritants. Ensuite, on choisit les situations d'entraînement qui existent déjà dans l'activité (COPIL, revues de portefeuille, 1:1, instances sociales).

Comment choisir un programme de leadership ?

Choisissez en fonction de la compétence à développer, de la population cible et du niveau de pression (préventif vs curatif). Exigez une mesure ex-ante/ex-post, un plan d'ancrage terrain, et une gouvernance claire. Comparez enfin les formats selon vos contraintes de temps et de déploiement.

Comment concevoir l'architecture d'un programme de leadership efficace ?

Une architecture efficace enchaîne diagnostic, objectifs comportementaux, scénarios d'entraînement, pratique terrain, coaching et consolidation. Le blended est pertinent quand il soutient l'exécution au poste, pas quand il sert à « varier les modalités ».

Comment concevoir un parcours de leadership orienté compétences observables ?

Définissez chaque compétence par des comportements précis, dans des situations précises, avec des critères d'observation. Ajoutez des routines d'exécution et du feedback structuré. Mesurez la progression avec une logique ex-ante/ex-post et, si possible, un suivi longitudinal.

Comment ancrer un programme de leadership dans le travail réel plutôt que dans la formation ?

En utilisant des cas réels comme matière d'entraînement (conflit non résolu, décision évitée, collaboration qui patine) et en liant chaque séquence à une mise en pratique immédiate. Le rôle du dispositif est d'augmenter la qualité d'exécution sur des rituels existants, pas de créer une « bulle pédagogique ».

Quels critères permettent d'évaluer la validité scientifique d'un programme de leadership ?

Regardez les construits mesurés, la validation des instruments, la fiabilité, la transparence méthodologique et la capacité à expliciter les limites. Un programme sérieux distingue ce qu'il mesure (comportements, schémas cognitifs) de ce qu'il ne prétend pas mesurer (personnalité « vraie »).

Comment mesurer le ROI d'un programme de leadership de façon crédible ?

En reliant la compétence développée à des indicateurs de performance et de risques, avec une mesure ex-ante/ex-post. Documentez le coût complet, puis suivez la réalisation des bénéfices (pas seulement les jalons). Les données DDI (2025) peuvent cadrer les hypothèses, mais le ROI se prouve sur vos métriques internes.

Comment démontrer le ROI d'un programme de leadership auprès du COMEX ?

Par une chaîne logique courte : irritant business → compétence ciblée → comportements attendus → métriques → revue de bénéfices en gouvernance. Présentez aussi les risques évités (fatigue, rétention, blocages) et les décisions prises en cours de route grâce au pilotage.

Qu'est-ce que le leadership de programme ?

C'est la capacité à mobiliser des acteurs, arbitrer des priorités et tenir une trajectoire de valeur sur un ensemble de projets interdépendants. Il s'exerce dans l'incertitude, la contrainte et la politique interne, au-delà du pilotage opérationnel.

Pourquoi le leadership de programme est-il critique pour réussir une transformation ?

Parce qu'une transformation exige des arbitrages continus : ressources, séquencement, compromis entre métiers, et décisions impopulaires. Sans leadership de programme, on obtient souvent des projets livrés mais des bénéfices absents, ou une organisation épuisée.

Quelle différence entre leadership de programme et gestion de programme ?

La gestion de programme structure la gouvernance, les risques, les dépendances et la réalisation de la valeur. Le leadership de programme rend ces mécanismes vivants : il crée les conditions de décision, traite les résistances, et maintient la mobilisation dans la durée. Les deux sont complémentaires.

Comment gérer les tensions politiques et les jeux d'influence autour d'un programme ?

En rendant explicites les intérêts, les droits de décision et les règles d'escalade. Cadrez des instances où les désaccords se traitent « en face » plutôt qu'en couloir. Et entraînez l'influence comme une compétence : préparer ses messages, négocier des compromis, préserver les relations sans renoncer aux arbitrages.

Comment tenir le cap d'un programme quand la stratégie change en cours de route ?

En re-priorisant les cas d'entraînement et les bénéfices visés, sans abandonner la compétence cible. Ajustez la feuille de route en gouvernance, explicitez ce qui change et ce qui ne change pas, et protégez la dynamique d'apprentissage en gardant des rituels stables.

Bibliographie : Bernerth et al. (2011) ; Braun et al. (2017) ; DDI Global Leadership Forecast (2025) ; Gartner (2025) ; Sarkar & Fletcher (2015) ; Bateman, FranklinCovey (2023). Pour d'autres analyses sur le leadership et le changement, consultez le blog UNREST et la ressource leadership development program.

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